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ALLOCUTION PRONONCÉE PAR MONSIEUR FRANÇOIS TAVENAS, RECTEUR DE L'UNIVERSITÉ LAVAL, AU FORUM ÉCONOMIQUE 1999, LE MARDI 23 FÉVRIER 1999, À L'HÔTEL LOEWS LE CONCORDE, QUÉBEC

Monsieur le Maire de Québec,
Monsieur le Président de la Chambre de commerce,
Mesdames,
Messieurs,

Je suis ravi de me trouver aujourd'hui parmi des entrepreneurs qui font honneur à notre région et à tout le Québec, des entrepreneurs qui contribuent au développement économique de notre région et au rayonnement de l'expertise québécoise. J'ai écouté avec une grande attention les exposés de tout à l'heure. J'ai pris bonne note des besoins et des attentes en matière de formation de la main-d'œuvre et de recherche, notamment en ce qui a trait à l'innovation technologique et j'ai été heureux de constater que l'Université Laval est bien positionnée pour être "complice dans l'action", comme le soulignait Pierre Moreau tout à l'heure.

"Complices dans l'action"… Je trouve le titre de ce Forum particulièrement bien choisi. Qui dit complices, dit intentions partagées, concertation, collaboration, synergie. C'est en effet par les initiatives et les efforts concertés de tous les acteurs que la région stimulera sa croissance économique.

L'Université Laval est, et veut renforcer son rôle d'acteur complice de la région. Elle peut apporter une contribution substantielle sur deux fronts principaux: la formation d'une main-d'œuvre spécialisée et l'appui à l'innovation technologique.

Côté formation, l'Université est engagée dans un exercice de grande envergure ayant pour but de reconfigurer tous les programmes de premier cycle afin d'allier plus harmonieusement les deux volets indissociables de la formation universitaire, c'est-à-dire la formation propre à un domaine du savoir et la formation personnelle. J'entends par "formation personnelle" les aptitudes à l'expression écrite, l'apprentissage des langues étrangères (en premier lieu, l'anglais, bien sûr, mais aussi l'espagnol), la connaissance d'autres cultures, la formation en éthique, la maîtrise des nouvelles technologies de l'information et des communications (par exemple, l'usage de l'Internet et la connaissance des possibilités qu'il offre, entre autres le commerce électronique). À ce sujet, je souligne la mise sur pied du programme Ulysse de la Faculté des sciences de l'administration, selon lequel l'étudiant utilisera l'ordinateur portatif comme outil de travail quotidien à compter de l'automne 1999. D'autres facultés se préparent à suivre les traces de la Faculté des sciences de l'administration.

L'Université veut également offrir des programmes courts d'insertion au marché du travail, en collaboration avec les entreprises. Je veux citer ici l'exemple de la formation en informatique où nous avons des projets en collaboration avec le CRIM et CAE et autour de laquelle nous sommes en train de mobiliser tous les cégeps et les entreprises de la région pour élaborer un projet visant à corriger collectivement et à très court terme le déficit grave de main-d'œuvre qualifiée.

Cette révision globale des programmes vise également à renforcer l'internationalisation de la formation dont l'Université voudrait faire sa marque de commerce. À l'image de Jacques Topping, vous menez des affaires dans plusieurs pays du monde et savez bien qu'il faut plus qu'une compétence dans sa discipline pour réussir. Les professionnels en exercice doivent parler plusieurs langues, connaître d'autres cultures, être sensibilisés aux problèmes internationaux, faire preuve d'ouverture d'esprit devant des réalités autres que celles d'ici. Pour cela, les étudiants peuvent bien sûr suivre des cours, mais ils pourront désormais faire une portion de leurs études dans l'un des nombreux pays avec lesquels l'Université entretient des relations. Comme le soulignait Mme Couturier, finalement je dois mentionner le développement accéléré de nos activités de formation pratique, par des stages crédités en entreprise et par des programmes coopératifs, grâce à la collaboration entre nos facultés, notre Service de placement et les entreprises. Notre Service de placement joue également un rôle croissant au service de nos diplômés et des entreprises qui doivent recruter. Notre Service de placement est l'un des meilleurs au Canada et je vous invite à vous prévaloir de ses services.

Voilà pour la formation initiale. En matière de formation continue, l'Université Laval est particulièrement bien équipée pour répondre aux besoins des individus et des entreprises ou organismes. J'insisterai plus particulièrement sur la formation dite "sur mesure" que peuvent venir chercher des groupes aux besoins très précis. C'est ainsi que nous avons répondu à la demande de la Régie régionale de la santé du Bas-Saint-Laurent de les aider dans leur réorganisation en offrant à leurs professionnels un programme de certificat en leadership du changement. Notre certificat en gestion des organisations conçu à l'intention du Mouvement Desjardins a été reconnu par le Conference Board comme l'un des meilleurs partenariats université-entreprise au Canada en 1998. Le temps me manque pour décrire tous les programmes mis sur pied par notre Direction générale de la formation continue. Je n'en mentionnerai que quelques autres: le diplôme de deuxième cycle en entrepreneuriat technologique, le certificat en planification financière personnelle (maintenant offert dans tout le Canada) et le certificat en gestion du développement touristique.

Ces programmes sont trop longs? Qu'à cela ne tienne! La DGFC offre, suivant une approche maintenant bien établie, des microprogrammes adaptés aux besoins de chacun. Elle travaille de concert avec les entreprises pour définir les besoins de formation et la façon dont les cours seront dispensés, par exemple à distance ou sur place la fin de semaine. Vous aurez noté dans le cahier du participant une fiche descriptive de nos interventions en formation continue.

Comme vous le voyez, l'expertise est là, les programmes sont là, adaptables aux besoins des entreprises de la région et de tout l'Est du Québec, la volonté est là de vous aider dans votre développement.

Passons maintenant à la contribution qu'apporte l'Université Laval au chapitre de l'appui à l'innovation technologique.

Avec plus de 120 M $ en revenus de recherche, l'Université Laval est le centre par excellence de la R-D de tout l'Est du Québec. Elle contribue directement ou indirectement à la création de milliers d'emplois à haute valeur ajoutée.

Nos centres de recherche sont reconnus au-delà des frontières du Québec. Le Centre de recherche en géomatique, par exemple, est le chef de file national dans le programme fédéral des réseaux de centres d'excellence. Le Centre d'optique, photonique et laser a une longue histoire d'action dans la région et met sur pied actuellement une infrastructure d'essai unique en collaboration avec l'industrie. Je ne vais pas bien sûr énumérer les exploits de nos 31 centres de recherche. Je voudrais toutefois mentionner qu'il y aura bientôt à l'Université Laval 32 centres de recherche avec la création imminente d'un centre qui va vous intéresser, j'en suis sûr, le CEFTEC, Centre de formation, de recherche et de transfert sur l'évaluation et le financement d'entreprises technologiques. Ce projet de centre répond à une demande croissante du milieu dans le domaine du financement et de l'évaluation des entreprises technologiques.

Les travaux de nos chercheurs ont conduit à la création d'une quarantaine d'entreprises dans la région de Québec au cours des dernières années. En vue de faciliter le transfert technologique, nous travaillons aux dernières phases de création de la CVAR, Corporation de valorisation des applications de la recherche, qui aidera au démarrage d'entreprises. Vous aurez vu dans votre cahier la fiche descriptive de CVAR.

Enfin, nous pensons que nos dernières demandes de subvention à la Fondation canadienne pour l'innovation ont de bonnes chances de réussir. Entre autres, le projet sur les aliments nutraceutiques et un autre en oncologie devraient déboucher sur la création de nombreux emplois dans la région.

J'aurais pu vous parler également de notre implication dans le domaine culturel, illustrée par notre projet de collaboration avec tous les intervenants du secteur de la musique, ou de notre implication dans le domaine du tourisme où nous sommes en train de mettre en place un véritable partenariat avec le Centre des congrès pour amener plus de grands congrès internationaux à Québec, ou encore de notre implication dans le développement du Parc technologique de la région de Québec créé il y a dix ans à l'initiative du recteur de l'époque, Jean-Guy Paquet, et dont je préside le Conseil d'administration renouvelé, ou enfin de notre implication pour renforcer la coordination régionale par le biais du Comité Québec-Capitale que j'ai l'honneur de présider.

Mais je vois que le temps file. Je m'arrêterai donc ici en espérant avoir contribué à faire apprécier l'extraordinaire contribution que l'Université Laval a apportée et apporte toujours au développement économique de la région.

L'Université aura-t-elle les moyens d'intensifier cette contribution au moment où le Québec doit accélérer sa transition vers l'économie du savoir et affirmer sa place sur une scène mondiale de plus en plus compétitive? Je ne vous cacherai pas que ma première préoccupation se situe à ce niveau. Nous venons de vivre quatre années de coupures budgétaires considérables qui ont réduit à presque rien notre capacité de renouvellement du corps professoral et notre propre capacité d'innovation. Laval est une "formule 1" dans laquelle on a oublié de mettre de l'essence ! Il est urgent que nous puissions disposer de ressources accrues pour tenir la compétition avec l'Ontario, les U.S.A. et les autres pays développés.

L'Université dépend de sa région, mais la région dépend de plus en plus de la connaissance créée à l'Université pour assurer son progrès économique. C'est cette complicité qui doit s'établir entre les intervenants, et je suis convaincu que ce Forum atteindra pleinement son but.

Je vous remercie.

 
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